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Discours de l'honorable Madeleine Meilleur,
ministre déléguée aux Affaires francophones et ministre des Services sociaux et communautaires

à la remise des Prix de la francophonie et Gala d'anniversaire de la Loi sur les services en français

Ottawa
Le lundi 20 novembre 2006

Distingués invités, mesdames et messieurs, chers amis, bonsoir.

Je me sens réellement honorée de célébrer avec vous le 20e anniversaire de la Loi sur les services en français.

Je me sens honorée parce que je sais que nous marchons sur les traces d'hommes et de femmes remarquables.

Je veux rendre hommage à ces personnes dont la vision, la conviction et le courage ont mené à ce moment historique en 1986.

Je pense que l'adoption de la Loi sur les services en français a marqué le début d'une ère nouvelle pour la francophonie en Ontario.

Toutes les avancées auxquelles elle a donné lieu sont attribuables d'abord et avant tout à la détermination et au travail sans relâche d'une communauté en pleine effervescence et en plein essor.

Les personnes qui ont contribué au véritable projet de société qu'est la francophonie ontarienne se comptent par milliers.

Nous venons de reconnaître 4 personnes exceptionnelles en leur décernant les tous premiers Prix de la francophonie de l'Ontario.

D'ailleurs, j'en profite pour exprimer toute ma gratitude aux membres du comité de sélection qui ont consacré plusieurs heures à prendre connaissance de nombreux dossiers de candidature, pour ensuite faire un choix éclairé.

C'est toute une responsabilité qu'ils ont acceptée, et vous serez d'accord avec moi qu'ils s'en sont acquittés de façon magistrale.

Depuis des années, nos récipiendaires de ce soir vouent leurs énergies et leurs talents au rayonnement du fait français en Ontario.

Ils et elles ont choisi d'investir leur temps et leurs efforts à la poursuite de leur idéal, et ce pour notre plus grand bien individuel et collectif.

Par leur détermination et leur générosité, elles contribuent de façon significative à l'essor de la francophonie dans notre province.

Caroline, Annie, Gérald, Raymond, je vous en remercie.

La francophonie, ce n'est pas une abstraction, c'est vous qui lui donnez vie, dans votre travail, dans votre famille, dans vos activités quotidiennes, dans toutes sortes de gestes, petits et grands.

Sachez que cet engagement acharné de tous les instants est à la source d'une communauté dont la vitalité est débordante.

Plusieurs d'entre vous se rappelleront du 20 mars à Toronto, quand nous avons lancé un programme de célébrations riche et varié.

Au cours de l'année, nous avons voulu célébrer avec toute la communauté, dans toutes les régions de la province, et dans toutes les sphères d'activité.

... au Salon du livre de Sudbury, au Festival scolaire des arts de la scène, au Festival franco-ontarien à Ottawa et aux Jeux franco-ontariens à Timmins...

... au congrès de l'Association française des municipalités de l'Ontario à Hearst, à la première assemblée générale de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario à Toronto, et à la première de Don Juan en français à Stratford...

...avec la communauté de Kingston, pour fêter en grand la désignation de la région, et avec celle de Brampton, pour préparer la mise en oeuvre des services, qui commencera dès janvier...

Ce que je peux vous dire, c'est que partout où je suis allée, j'ai senti ce dynamisme, cet optimisme d'une communauté qui est fière de son identité, fière de son savoir-faire et fière de ce qu'elle apporte à l'Ontario à tous les points de vue.

Je peux vous affirmer que les choses bougent, que la francophonie progresse, que nous avons réellement de bonnes raisons de nous réjouir.

*****

La cérémonie de ce soir est le point culminant d'une année de célébrations et de réalisations.

Je vous rassure tout de suite que nous n'avons pas l'intention de nous arrêter là.

À preuve, l'intention du gouvernement, tel que vous l'annonçait le premier ministre, de présenter un projet de loi visant à mettre sur pied le Bureau du commissaire aux services en français.

Nous sommes sur une lancée que nous voulons alimenter pour les années à venir.

Comme le dit si bien le slogan de l'Office des affaires francophones, le moment est venu de mettre l'accent sur l'avenir.

Les personnes qui me connaissent savent que deux causes me tiennent particulièrement à coeur : l'essor du fait français et l'épanouissement de nos jeunes.

Pour moi, les deux sont intimement liés, car l'avenir passe évidemment par la relève.

Pour qu'une communauté se renouvelle et se projette vers de nouveaux horizons, elle doit interpeller les jeunes et les inviter à être parties prenantes du projet de société qu'elle veut se donner.

Dans le cas de la francophonie ontarienne, ce projet de société se construit nécessairement sur la base de l'appartenance à la langue française et à ses cultures.

Et nous savons que le sentiment d'appartenance dépasse la simple compétence linguistique.

Il faut susciter et nourrir un lien émotif avec la langue, un attachement viscéral. Il faut la faire vivre à travers une gamme de déclinaisons respectueuses du passé, pertinentes pour le présent et porteuses pour l'avenir.

Dans ce contexte, il est probable que les jeunes Franco-Ontariens vivent leur francophonie d'une façon nouvelle.

Si, comme adultes, nous avons la responsabilité de les guider et de les encadrer, nous devons aussi nous ouvrir à leurs perspectives, car les jeunes sont plus que jamais branchés sur le monde et ils sont déjà en train de forger notre devenir.

Il faut d'emblée reconnaître et accepter que nos jeunes évoluent dans un univers d'identités multiples, de diversité linguistique et culturelle, où les nouvelles technologies bousculent les notions traditionnelles de temps et d'espace.

Si le français doit s'inscrire au coeur de l'identité des jeunes, nous savons qu'il faut susciter un sentiment d'appartenance profond à une francophonie moderne, voire post-moderne.

Le français devient ainsi un vecteur naturel de la pensée et de l'expression.

Le poème que Sylvie, cette jeune fille de 16 ans, nous a lu, témoigne de ce sens d'appartenance naturel.

Je peux vous dire que cela m'a réellement touchée et encouragée.

Car, à une époque où on se préoccupe avec raison de la conservation de cette belle langue française, notre langue, ce sont des jeunes comme Sylvie qui nous redonnent confiance.

Ce sont des jeunes comme elle qui portent nos espoirs.

Le moment est plus que jamais propice pour afficher le nouveau visage de la francophonie ontarienne, résolument ouverte, résolument moderne, créative, et tournée vers de nouveaux horizons.

Après le repas, les jeunes de TFO vont d'ailleurs nous en faire une éclatante démonstration.

Ensemble, avec nos jeunes, nous pouvons tracer des voies d'avenir emballantes.

Chers amis, merci encore pour votre dynamisme et votre engagement, et bonne fin de soirée !


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Dernière mise à jour : 20 novembre 2006