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Discours de l'honorable Madeleine Meilleur
Ministre de la Culture et ministre déléguée aux Affaires francophones
dans le cadre du lancement régional
des Profils statistiques sur les francophones en Ontario
Ottawa, Ontario, le 9 novembre 2005
Bonjour à vous tous.
Bienvenue au lancement régional des profils statistiques de l'Office des affaires francophones qui tracent le nouveau portrait des francophones de la province.
Je suis bien heureuse de vous voir présents en grand nombre.
Merci à Alain Boisvert de la Nouvelle scène et sa belle équipe de nous recevoir aujourd'hui et merci à vous tous pour l'intérêt que vous démontrez.
D'ailleurs, aujourd'hui, je ne serai pas la seule à vous parler de statistiques. Je suis très fière de vous faire part d'un intéressant projet de collaboration entre l'Université Laurentienne et l'Université d'Ottawa.
Lors du récent lancement des profils statistiques à Sudbury qui a eu lieu à l'Université Laurentienne, les étudiants du programme Arts d'expression ont donné vie aux statistiques.
Sous la direction de Madame Madeleine Azzola, ils ont créé une pièce théâtrale de 10 minutes dont on me parle encore avec beaucoup d'enthousiasme.
Nous avons donc invité ces jeunes à Ottawa afin de dynamiser la présentation de ces statistiques.
De plus, je tenais absolument à lancer le même défi à des étudiants d'ici pour le dévoilement des données de la région de l'Est de l'Ontario.
Ainsi, les étudiants du département de théâtre de l'Université d'Ottawa vont également nous présenter quelques statistiques à saveur plus locale.
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Mais avant de passer au spectacle, permettez-moi de souligner quelques faits saillants.
Lors du dernier recensement national de 2001, nous avons été témoins de changements démographiques chez les francophones de l'Ontario.
Depuis la publication des profils linguistiques, je me sens encore mieux outillée pour comprendre les enjeux et mieux identifier le positionnement stratégique des dossiers touchant aux affaires francophones.
Fait important à noter : la population francophone de l'Ontario a légèrement augmenté depuis le recensement de 1996.
L'augmentation de 1,2 % peut paraître modeste à première vue. Cependant, elle est en fait significative puisqu'il s'agit d'un renversement de la tendance qui avait été identifiée lors du recensement de 1996 et qui révélait une baisse de la population francophone.
Cette augmentation s'applique à la fois à l'ensemble de la province et à notre région ici.
Dans cette perspective, je suis très heureuse de vous annoncer que dans l'Est de l'Ontario, la population francophone a augmenté de 2,5 %. Cet accroissement représente le double de l'augmentation de la population francophone dans l'ensemble de la province.
Il va sans dire que notre région continue de regrouper la plus importante communauté francophone de la province.
41 % de tous les francophones de l'Ontario vivent ici, dans l'Est.
Et c'est à Ottawa que l'on retrouve la plus forte concentration de francophones vivant dans l'Est de l'Ontario.
Depuis la fusion des municipalités à Ottawa, on compte près de 130 000 francophones, soit 17 % de la population urbaine totale.
Notre poids démographique à Ottawa est important.
Je suis très fière que notre gouvernement ait adopté, en mars dernier, la Loi 163 amendant la Loi sur la ville d'Ottawa pour faire reconnaître le statut du français dans la gestion de la Ville et la prestation de services municipaux.
C'est dans l'Est de l'Ontario que les francophones sont les plus nombreux non seulement à conserver leur langue mais à l'utiliser dans leur milieu de travail.
Plus de 83 % des francophones de notre région utilisent leur langue maternelle en milieu de travail.
La proximité du Québec nous accorde un avantage certain et près de 60 % des nouveaux venus en Ontario proviennent du Québec.
L'information et les données que nous avons maintenant à notre disposition permettent à celles et ceux qui oeuvrent dans des secteurs comme la santé, l'éducation, les services publics, la culture, l'immigration ou le développement communautaire de mieux connaître leurs clientèles respectives.
Il s'agit d'un outil de travail indispensable pour mieux cibler leurs actions et appuyer la croissance de la collectivité francophone dans leur milieu.
Les profils statistiques permettront aussi au gouvernement de l'Ontario, à la communauté et aux institutions de langue française et bilingues de poser les bonnes questions et facilitera la prise de décisions éclairées pour notre avenir collectif.
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Le premier ministre McGuinty a la ferme intention de continuer à renforcer nos collectivités et nos institutions francophones.
On l'a vu encore dernièrement. Rappelons-nous combien il était fier lors de l'annonce de l'agrandissement de l'Hôpital Montfort.
L'engagement de Dalton McGuinty envers les francophones – tout comme le mien comme ministre – demeure le même : voir les francophones s'épanouir dans leur langue tout en consolidant les institutions francophones et les services en français.
Avec la publication de ces statistiques, notre gouvernement se donne un outil de référence important pour quatre groupes ciblés au sein de nos communautés : les minorités raciales, les femmes, les jeunes, les personnes aînées, ainsi que pour la population d'expression française en général.
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Depuis la publication des premiers profils statistiques par l'Office des affaires francophones en 1996, c'est la première fois que nous obtenons des données pour les minorités raciales.
J'en suis très heureuse parce qu'il s'agit de collectivités importantes dans l'Est de l'Ontario.
Selon moi, il était devenu indispensable d'avoir accès à des données statistiques plus pointues sur cette mosaîque ethno-culturelle francophone et je félicite l'Office des affaires francophones pour son leadership dans cette belle initiative.
Près du tiers des minorités raciales francophones de la province vivent à Ottawa.
Et cette population est nettement plus jeune que les autres francophones de l'Ontario. Presque la moitié ont moins de 25 ans.
Les minorités raciales francophones constituent une richesse pour l'Ontario, et la jeunesse au sein de cette population est garante de l'avenir de la francophonie ontarienne.
Maintenant, histoire de mieux identifier les défis que nous aurons à relever ensemble, permettez-moi d'esquisser les faits saillants des autres groupes.
Je poursuis avec le profil des femmes.
En Ontario, les femmes représentent près de 53 % de l'ensemble de la population francophone.
Le rôle des femmes est central dans la préservation de sa langue – et cela est vrai chez les minorités raciales comme dans les autres collectivités francophones.
D'ailleurs, lorsque la mère possède le français comme langue maternelle, il y a 2 fois plus de chances que les enfants conservent cette même langue à titre de langue maternelle.
Parlons maintenant des jeunes.
On compte à présent près de 135 000 jeunes francophones dans la province. Ils représentent 3,6 % de l'ensemble des jeunes Ontariens.
C'est ici, dans l'Est de la province, que l'on compte le plus de jeunes qui parlent le français.
Et je me réjouis devant le constat que 88 % des jeunes francophones complètent maintenant leurs études au niveau secondaire.
Le taux de réussite est plus élevé chez les jeunes francophones que les jeunes dans la population en général, et ce, dans toutes les régions de la province.
À Ottawa, près de 25 % des francophones détiennent un diplôme universitaire.
Quand on donne aux jeunes la possibilité d'étudier en français, au collège ou à l'université, non seulement conservent-ils leur langue mais ils acquièrent aussi une éducation qui leur assurera de meilleures conditions de travail et une plus grande prospérité économique.
D'ailleurs, je remarque aussi que le revenu moyen des jeunes francophones de 20 à 24 ans est supérieur au revenu moyen des jeunes dans la population en général.
C'est là, à mon avis, un autre bel indicateur de la valeur ajoutée que représente le français sur le marché du travail en Ontario.
J'en profite donc pour saluer les initiatives du Regroupement des gens d'affaires qui, justement, mettent continuellement en avant-plan cette valeur ajoutée qu'est le français dans les affaires.
Je termine avec le profil des personnes âgées.
Il y a près de 77 000 francophones de 65 ans et plus en Ontario, soit 5,6 % de la population provinciale de ce groupe d'âge.
Les aînés francophones sont moins scolarisés et leur revenu total moyen est inférieur à celui de l'ensemble de la population aînée de l'Ontario.
Un ensemble d'enjeux doivent être abordés, d'autant plus que les aînés sont appelés à jouer un rôle renouvelé dans notre société.
Leurs besoins sont grandissants, qu'il s'agisse des services de santé rendus plus accessibles en français ou des services communautaires pour personnes âgées francophones, ou encore de sécurité et de revenu.
N'oublions pas que chacun et chacune des 77 000 aînés francophones sont des pionniers de la francophonie.
D'ailleurs, vous n'avez qu'à visiter le Club 60 de Vanier, pour voir combien nos aînés sont des bâtisseurs remplis d'énergie, de convictions et de détermination.
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La publication des profils statistiques de l'Office des affaires francophones marque donc un autre tournant dans notre compréhension et notre perception des réalités francophones en Ontario.
Cet outil de référence devrait nous aider, tous et toutes, gouvernements et institutions, municipalités et organismes communautaires, à éclairer nos orientations présentes et futures et à cibler nos ressources de manière judicieuse.
Pour cette raison, j'ai demandé à l'Office des affaires francophones d'utiliser au maximum ces profils statistiques afin de mieux orienter ses stratégies, au sein même de notre gouvernement et dans ses interventions auprès des collectivités.
J'invite aussi le mouvement associatif à utiliser cet outil de référence statistique dans ses efforts de concertation.
Nous allons favoriser leur intégration dans les activités scolaires, tant dans les écoles françaises que d'immersion.
Et ce n'est pas tout.
J'ai aussi amorcé, moi-même, des démarches auprès de mes collègues ministres et députés afin de faire connaître ce nouveau portrait de l'Ontario français. Je suis moi-même mieux outillée pour nourrir les échanges avec eux en vue de l'amélioration des services en français au Gouvernement de l'Ontario.
J'ai reçu leur appui inconditionnel et je les en remercie.
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Alors, chers amis d'Ottawa et de l'Est de l'Ontario, comme vous le voyez, les profils statistiques sont pour moi et pour vous une occasion de connaître, comprendre et concerter la communauté francophone en Ontario.
L'initiative nous appartient maintenant!
Je vous remercie très sincèrement d'avoir accepté notre invitation aujourd'hui.
Ottawa et l'Est de la province ont toujours porté le flambeau de l'innovation et du leadership dans l'épanouissement des francophones.
Je sais que nous sommes capables de relever les nouveaux défis liés à notre démographie.
J'exprime le désir que nous le fassions dans l'unité et la concertation de toutes les composantes de la grande famille francophone.
C'est pourquoi je tenais à ne pas être la seule à vous parler des profils. Il s'agit d'un outil de référence qui nous aidera tous et chacun à progresser ensemble.
Le maire d'Ottawa Monsieur Bob Chiarelli aurait beaucoup aimé être parmi nous. Comme il y tenait grandement, il nous a fait parvenir une lettre dont Marie-Lison Fougère, sous-ministre adjointe aux affaires francophones, va vous faire la lecture.
J'invite maintenant Monsieur Richard Mayer, président de la FAFO, la Fédération des aînés et retraités francophones de l'Ontario, à vous adresser la parole. Sa courte allocution sera suivie de celle de monsieur Jacques Hétu, président de l'AFMO, l'Association française des municipalités de l'Ontario.
Je vous remercie pour votre écoute et votre présence.
Merci et bonne journée!
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