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À juste titre
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Introduction
Dans le cadre de son mandat de promouvoir l'égalité sociale, économique et juridique des femmes, la Direction générale de la condition féminine de l'Ontario (DGCFO) avait publié, en 1994, la première édition du présent guide, qui avait remporté un grand succès. Déjà à cette époque, la féminisation lexicale, à savoir l'utilisation des formes féminines de titres, postes et fonctions, faisait pratiquement partie de l'usage français de l'Ontario. Les méthodes de rédaction non sexiste consistaient alors à utiliser des raccourcis typographiques et à répéter les formes masculine et féminine tout au long. Cette seconde méthode constituait d'ailleurs le noeud gordien de la résistance aux textes non sexistes.
La seconde édition d'À juste titre a été publiée au début de 1998. Il s'agissait d'une refonte visant surtout à montrer l'évolution de la question dans la francophonie jusqu'à la fin de 1997 et à consacrer plus d'espace à des exemples de rédaction non sexiste. Cette troisième édition, publiée en 2005, fait le point sur les avancées et accorde encore plus d'espace aux procédés et exemples de rédaction non sexiste. Le guide continue de montrer de nombreux exemples, des moins controversés aux plus audacieux. Sauf indication contraire, tous les exemples sont authentiques et ont été tirés principalement des médias franco-ontariens, ainsi que de quelques sources canadiennes, de 1993 à 2004. La date n'est indiquée que si le caractère historique d'un exemple le justifie.
Enfin, il convient de mentionner que la nouvelle orthographe recommandée n'a pas été adoptée dans le présent guide, en raison du caractère authentique de la plupart des exemples qui y figurent et du fait que les autorités compétentes du Canada n'avaient pas encore pris de décision en la matière au moment de la publication. Proposée le 6 décembre 1990 par le Conseil supérieur de la langue de France, la réforme de l'orthographe avait soulevé de nombreuses réticences qui commencent à s'estomper. En cette période de transition, les graphies traditionnelles ne peuvent être condamnées.
Aujourd'hui, pour représenter équitablement l'apport des femmes et des hommes à la société, on a de plus en plus recours à la rédaction sans sexisme, également qualifiée d'« épicène » : des répétitions judicieuses, des tournures neutres ou collectives et des reformulations ingénieuses. Comme par le passé, ce guide a pour but de faire prendre conscience de ces changements linguistiques qui visent à établir un juste équilibre entre la non-discrimination des femmes et une rédaction claire et précise.
Le guide s'adresse particulièrement aux rédactrices et rédacteurs, aux traductrices et traducteurs, aux journalistes et aux scénaristes. Toute personne dont la profession l'oblige à porter une attention particulière à la langue et tout organisme avec un mandat d'éducation publique et d'emploi de langage simple y trouvera de nombreuses suggestions, voire, espérons-le, de l'inspiration.
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