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I.B. La féminisation en marche au XX e siècle


1898  – « La féminisation de la langue est urgente », constate Hubertine Auclert, une féministe française.

1916  – La formule Madame le Docteur est dénoncée par Ferdinand Brunot, une autorité en grammaire française.

1927  – Deux grammairiens, Jacques Damourette et Édouard Pichon, qualifient l'emploi de titres masculins pour désigner des femmes, par exemple « Maître Gisèle Martin, avocat », de dénominations « aussi attentatoires au génie de la langue qu'aux instincts les plus élémentaires ».

1949  – Après avoir prédit l'inéluctable absorption du féminin par le genre masculin en 1936, la linguiste Marguerite Durand avance que l'emploi d'un titre au masculin est neutre. Ce précédent a été la pierre angulaire de l'opposition à la création de titres féminins.

1956  – Le chroniqueur de français du journal Le Droit d'Ottawa, René de Chantal, recommande l'emploi des titres de professions féminisés.

1960  – La Société Radio-Canada préconise l'emploi des titres féminins sur les ondes.

1977  – Au Québec, Lise Payette, première femme à occuper le poste de ministre au pays, exige de se faire appeler « Madame la ministre ». Le titre entre rapidement dans l'usage.

1978  – La linguiste Marina Yaguello publie chez Payot Les mots et les femmes , la première étude exhaustive en français sur la question.

Emploi et Immigration Canada publie le premier lexique officiel de féminins de professions.

La Belgique promulgue une loi pour éliminer la discrimination linguistique, sans que l'usage courant ne change véritablement.

1980  – Le mot-valise Madelle apparaît, en contrepartie à l'anglais Ms . Combinant Madame et Mademoiselle , il vise à éviter de préciser l'état civil d'une femme.

1985  – Au Québec, l'Office de la langue française publie le guide de rédaction non sexiste Pour un genre à part entière .

1986  – Dans la région de la Capitale nationale, le Musée national de l'homme devient le Musée national des civilisations et, plus tard, le Musée canadien des civilisations.

1987  – Dans la revue franco-ontarienne Rauque , Françoise Marois propose la création du collectif pluriel mixte illes .

1990  – La Suisse publie un dictionnaire de 4 000 titres, fonctions et grades féminisés, en s'inspirant des travaux du Canada.

1992  – En France, les médias désignent Édith Cresson par la formule Madame le premier ministre , malgré des débats publics sur la question.·

Dans sa deuxième édition, le Multidictionnaire des difficultés de la langue française présente la plupart des féminins de professions reconnus.

1993  – Kim Campbell, première femme à diriger le Canada, opte pour le titre de première ministre désignée

Le Petit Robert incorpore des formes féminines de professions.

1996  – Céline Labrosse, dans Pour une grammaire non sexiste , encourage l'emploi de illes , propose de nouvelles finales pour les adjectifs pluriels mixtes et souhaite rétablir la règle de proximité pour les accords d'adjectifs.

1997  – À l'initiative de quatre femmes ministres, pour la première fois de l'histoire politique de la France, le titre « Madame la ministre » est employé.

Mary McLaren est la première femme à occuper le poste de gentilhomme huissier de la verge noire au Sénat canadien. Sa nomination entraîne la création immédiate du titre féminin de huissière du bâton noir .

1998  – Le Petit Larousse précise que l'emploi de « la ministre » est courant en Belgique, au Canada et en Suisse, et familier en France.·

La Fédération des professionnelles et professionnels salarié-e-s et des cadres du Québec devient la Fédération des professionnèles ( professionnèle , sur le modèle de fidèle , inclut alors les femmes et les hommes). Trois de ses syndicats lui emboîtent le pas peu après.

1999  – La majuscule de féminisation fait son apparition (les étudiantEs, les marchandEs, les citoyenNEs).

2001  – En France, l'ouvrage Femme, j'écris ton nom... Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions est publié par l'Institut National de la Langue Française.

2005  – L'Office québécois de la langue française s'apprête à publier le guide Avoir bon genre . Signe des temps, l'ouvrage d'une centaine de pages s'attardera particulièrement aux procédés de formulation neutre et de féminisation syntaxique.




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Last Modified: May 30, 2008

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